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Mot du ministre

 

BIENVENUE !

Le site web du ministère de l’Élevage fait peau neuve ! Sans discontinuer dans l’action gouvernementale, c’est un nouveau sacerdoce qui s’ouvre et s’ouvrent de nouveaux défis. Dans cette nouvelle dynamique de mettre à votre disposition toutes les informations qui vous aideront à mieux cerner les multiples dimensions du Département de l’Élevage, c’est aussi, pour nous, un agréable plaisir de communiquer avec vous et de répondre aux nombreuses attentes des professionnels de l’élevage et de tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, à cette activité d’une grande noblesse !

Notre conviction, c’est que l’élevage est non seulement une chance pour booster l’économie nationale, mais c’est également le meilleur instrument de lutte contre la précarité sociale sous toutes ses manifestations. Le troupeau et le poulailler, par exemple, ne sont pas uniquement des formes d’épargne majeures, ils sont aussi une sorte d’assurance vieillesse et un investissement important dans l’émergence économique d’un pays.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, dit l’adage. Grâce à la grippe aviaire et l’interdiction d’importation de poulet étranger y afférent, notre filière avicole a repris son envol. Des investissements conséquents ont été effectués par les professionnels du secteur. Et d’ici cinq ans au plus, ils seront à même de compétir avec le poulet mondial qui frappe à nos portes. La préférence nationale doit être de rigueur, car notre extraversion alimentaire a causé beaucoup trop de torts à notre économie au point que nous ne pouvons continuer à fragiliser les efforts endogènes de développement, fussent-ils sectoriels !

La leçon de l’importation massive de produits rizicoles, carnés et laitiers, au prix d’une dangereuse hémorragie de devises, doit servir à quelque chose. Et pourtant le Sénégal a tous les atouts pour parvenir rapidement à l’autosuffisance en matière de produits d’origine animale. Il nous suffit de maîtriser rapidement l’hydraulique pastorale et l’alimentation du bétail. Autrement dit, il nous faut certes continuer à sécuriser notre pastoralisme traditionnel, mais devant les pressions urbaines et démographiques, l’espace pastoral tendra inexorablement à se rétrécir comme peau de chagrin.

Demain, il nous faut donc moderniser et intensifier notre élevage. C’est à la fois une question de sécurité alimentaire et de souveraineté nationale. L’autosuffisance en moutons de tabaski par exemple, est là pour nous interpeler sur l’impérative nécessité de faire progresser le nombre, en quantité et en qualité, de nos petits ruminants. Certes, l’élevage des moutons de race est à encourager, mais notre élevage paierait un lourd tribut social à devenir élitiste ! En vérité, nous ne pouvons, pour le moment, prendre un tel risque !

Les techniques et technologies de l’heure nous permettent d’améliorer la capacité de notre cheptel bovin à produire plus de viande et plus de lait, la capacité de nos chevaux à courir plus vite et à tirer des charges de plus en plus lourdes, sans compter les opportunités liées aux loisirs et au tourisme sain. Il nous faut donc donner plus de chance de réussite à nos stratégies de stabulation du bétail, à notre programme d’insémination artificielle et surtout à la santé animale par le rapportage systématique des maladies et la vaccination. De même, les quelques fermes privées pilotes édifiées çà et là sont assez éloquentes pour nous convaincre que la culture fourragère sera un atout de taille à développer en partenariat stratégique avec le ministère de l’Agriculture, la FAO et la Banque mondiale, entre autres partenaires techniques et financiers.

Nous disposons à travers les CIMELs (Centres d’impulsion et de modernisation de l’élevage) de Mbakhana, près de Saint-Louis, de Mbao à Dakar et du CNAG (Centre national d’amélioration génétique) de Dahra, des instruments pouvant servir de vitrines pour le développement de notre élevage. Le Plan national de développement de l’élevage, en cours d’élaboration, mettra d’ailleurs l’accent sur la promotion de la filière par l’exemple. Car, en vérité, le milieu éleveur, habituellement assez réfractaire aux changements est entrain d’opérer des bouleversements profonds face aux contraintes qui plombent son émancipation. C’est ainsi que des mesures hardies sont prises pour l’éducation des enfants des éleveurs nomades. Des complexes scolaires avec internats sont créés pour les sortir de l’analphabétisme.

Mais pour autant le vol du bétail reste l’une des faiblesses de notre système d’élevage. Pour face un Comité de réflexion a été mis sur pied pour proposer des solutions de sortie de crise. Il faudra sans doute, en plus du partenariat tissé avec les ministères des Forces armées, de la Justice et de l’Intérieur, trouver d’autres parades à l’image de l’identification du bétail et de la micro-assurance. En somme, il nous faut recourir aux innovations techniques et technologiques les plus pointues pour sécuriser notre cheptel. Il nous faut donc, miser sur la pédagogie par l’exemple et les stratégies de communication de masse et de proximité pour induire les changements d’attitudes, d’aptitudes et de comportements nécessaires à l’intensification et à la modernisation des productions et des industries animales

Patiemment mais sûrement, la réussite est au bout de l’effort. L’élevage doit et peut servir de rampe de lancement à notre émergence économique. L’élevage peut, et doit nous aider, à vaincre la pauvreté jusque dans ses formes les plus inhumaines. Le chantier est vaste et difficile, mais la tâche n’est pas surhumaine, d’autant plus que nous avons l’appui et le soutien des plus hautes autorités de l’État, le Président Macky Sall en tête. Faire de l’élevage prospectif, utile et autrement, c’est notre pari pour demain !

Aminata MBENGUE NDIAYE

Ministre de l’Élevage et des Productions animales